Un ténor raconte ses débuts :
Ma chorale est la plus belle chorale du monde.
Test d’embauche, novembre 2002 : décision prise, je vais faire chanteur. Reste à trouver la chorale. Un article vu dans le journal sur la fameuse chorale de l’hôpital du parc, de fil en aiguille, et de renseignements en recommandations, « on » m’a dit d’aller à la chapelle de l’hôpital de Sarreguemines le jeudi soir. Je me retrouve ainsi en bonne santé à l’hôpital un soir de novembre au fond du couloir (ouest pour ceux qui connaissent).
Une infirmière m’a confirmé la direction, je prends l’ascenseur pour le 2ème, pas de chapelle. Bon alors c’est certainement au 3ème et dernier étage : rebelote pas de chapelle.
Bien bien, donc c’est au premier. Et bien non plus, perdu… Je remonte au 3ème, il y a bien une porte, mais fermée à clé ! Et là, miracle, j’entends effectivement des gens qui chantent (et en plus c’est chouette).
Personne aux alentours, allez, je jette un coup d’œil par la serrure : je vois des vitraux, je chauffe. Mais par où diable sont-ils tous passés ? Eh bien je vais vous le dire, il y a un escalier de service à emprunter car la chapelle est entre deux étages !
C’est ça le test d’embauche de la chorale de l’hôpital du parc ! Trouver la chapelle.
Mes débuts de chanteur : je me présente, et je suis immédiatement catalogué « Ténor » par Claudine, chef de chœur. Je suis très fier, car le ténor est le roi du chant c’est bien connu. Me voilà Caruso en herbe. Cela me permet surtout (combiné avec mon statut de petit dernier malgré mes 1,96 mètres), de profiter de la meilleure place de la chapelle : au fond… près du radiateur. Je peux chanter faux, seul mon voisin Saint Hilaire le remarque (et parfois Patrick notre pianiste qui a l’oreille très fine). En prime on peut discuter sans se faire repérer pendant que le pupitre des basses essaie laborieusement de chanter sa partition.
Et quand je ne chante pas, c’est un vrai paradis, un concert « que pour moi », dans cette belle petite chapelle, et croyez moi, c’est magnifique.
Un peu plus d’un an après : en travaillant régulièrement les partitions à la maison, j’ai réussi à rattraper le retard, je ne me fais (presque) plus repérer, et j’ai même l'autorisation de participer à un concert de temps à autre. Je ne connais pas encore tout le monde, mais tout le monde est hyper sympa.
Je reste toujours époustouflé par la chorale comme au premier soir :
- Claudine qui chante les notes comme nous on lit les mots, sans se tromper y compris les dièses et le bémols, avec clé de sol ou de fa, et dans le rythme, avec les nuances …
- Patrick qui joue du piano comme dans les grands spectacles,
- et puis Pierre qui a un don pour mettre en valeur (et en parole) tout ce que l’on fait lors des concerts (même si parfois il annonce un autre chant que celui que l’on va chanter, mais il est toujours un peu dissipé…)
- il y a aussi beaucoup de bénévoles passionnés et très dévoués pour faire fonctionner la machine, et bien sûr… les choristes.
Alors, vous voyez, c’est la plus belle … la chorale de l’hôpital du parc."